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À Bukavu, 30 jeunes étudiants s'approprient la Résolution 2250 pour devenir des acteurs de paix

2026-07-20 07:55:53

Du 8 au 10 juillet 2026, le Réseau des Enfants et Jeunes Africains pour les Droits Humains (REJADH) a réuni trente jeunes étudiants issus de six universités de Bukavu pour un atelier intensif consacré à la Résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations Unies, à l'Agenda Jeunesse, Paix et Sécurité (JPS) et au Plan d'Action National (PAN) de mise en œuvre en République démocratique du Congo. Organisée dans le cadre de l'initiative « Amani na Usalama ni Jukumu Letu » (« La paix et la sécurité sont notre responsabilité »), cette activité bénéficie de l'accompagnement de Search for Common Ground, en consortium avec Youth for Peace DRC, grâce à l'appui financier du Fonds des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix (UNPBF).

Dans un contexte où les jeunes demeurent les premières victimes des conflits armés tout en étant insuffisamment représentés dans les espaces de prise de décision, cette formation poursuivait une ambition claire : permettre aux étudiants de comprendre les fondements de la Résolution 2250, de s'approprier l'Agenda Jeunesse, Paix et Sécurité et de renforcer leur capacité à agir comme acteurs de changement au sein de leurs universités et de leurs communautés. L’atelier a été animé par Jonas NSHOKANO BAHIZIRE Chercheur au Centre de recherche et d’analyse des conflits et de la gouvernance CERACOG / Angaza Institute de l’ISDR-Bukavu et associé de recherche chez MKAAJI MPYA asbl., et NEEMA CIRIMWAMI MONIQUE activiste défenseur des droits humains, dont l’expertise et l’engagement ont permis d’enrichir les échanges et de stimuler la réflexion des participants.

Une formation qui place les jeunes au cœur de l'apprentissage

Pendant trois jours, les étudiants des universités UEA, UOB, UCB, ISP, ISDR et ISC ont vécu une expérience d'apprentissage différente des formations classiques. Ici, les exposés ont laissé une large place au dialogue, aux débats, aux travaux de groupe, aux exercices de réflexion et au partage d'expériences.

Les échanges ont permis aux participants d'interroger leurs propres réalités, de déconstruire certaines idées reçues et de réfléchir collectivement aux défis auxquels les jeunes sont confrontés dans leurs milieux universitaires : discriminations liées aux appartenances communautaires, manque de cohésion sociale, faible participation aux instances décisionnelles, instrumentalisation des jeunes, violences basées sur le genre ou encore absence d'espaces de dialogue.

Cette approche participative a favorisé une forte implication des étudiants, qui se sont distingués par la qualité de leurs interventions, leur esprit critique et leur volonté de proposer des solutions adaptées à leur environnement.

Comprendre la Résolution 2250 pour mieux agir

L'atelier a permis aux participants de découvrir les cinq piliers de la Résolution 2250 – Participation, Protection, Prévention, Partenariats ainsi que Désengagement et Réintégration – tout en analysant leur application dans le contexte du Sud-Kivu.

Les étudiants ont également approfondi leur compréhension de notions essentielles telles que la paix, la sécurité, la cohésion sociale et la participation citoyenne. Les facilitateurs ont insisté sur une idée forte : la paix ne se limite pas à l'absence de guerre ; elle se construit au quotidien à travers l'intégrité, le dialogue, la justice et le respect de la diversité.

Les discussions autour du Plan d'Action National et du Plan Opérationnel Provincial ont permis aux jeunes de comprendre que la mise en œuvre de l'Agenda JPS ne relève pas uniquement des institutions publiques. Chaque jeune, quel que soit son milieu de vie, peut contribuer à la prévention des conflits, à la promotion de la cohésion sociale et au renforcement du vivre-ensemble.

Des étudiants pleinement engagés

L'un des enseignements majeurs de cette formation réside dans le niveau d'engagement des participants. Tout au long des trois jours, les étudiants ont fait preuve d'une participation remarquable, multipliant les questions, les analyses critiques et les propositions concrètes.

Répartis en groupes selon leurs universités, ils ont élaboré des plans d'action visant à promouvoir la culture de paix sur leurs campus. Parmi les initiatives proposées figurent l'organisation de conférences universitaires sur l'Agenda JPS, des concours d'éloquence et de quiz sur la Résolution 2250, des tournois sportifs pour renforcer la cohésion sociale, des campagnes de sensibilisation, la création de brigades estudiantines de paix ainsi que des espaces permanents de dialogue entre étudiants.

Ces propositions témoignent non seulement de l'appropriation des connaissances acquises, mais également de la volonté des jeunes de transformer ces apprentissages en actions concrètes.

Une jeunesse qui se reconnaît comme actrice de paix

Au terme de cette formation, les trente étudiants repartent avec bien plus que de nouvelles connaissances. Ils repartent avec une nouvelle perception de leur rôle dans la société.

En découvrant que la Résolution 2250 reconnaît officiellement les jeunes comme partenaires essentiels de la paix et de la sécurité, les participants ont exprimé leur volonté de devenir des relais de sensibilisation au sein de leurs universités et de contribuer activement à la mise en œuvre de l'Agenda Jeunesse, Paix et Sécurité.

Cette dynamique répond pleinement à la vision du REJADH : faire émerger une génération de jeunes leaders capables de promouvoir le dialogue, la cohésion sociale et la participation citoyenne, tout en influençant positivement les processus de gouvernance et de consolidation de la paix.

Investir dans les jeunes, investir dans la paix

À travers cette initiative, le REJADH réaffirme sa conviction que les jeunes ne constituent pas seulement une catégorie à protéger, mais une véritable force de proposition et un levier incontournable pour construire une paix durable.

L'appropriation de la Résolution 2250 par les étudiants de Bukavu marque une étape importante dans la localisation de l'Agenda Jeunesse, Paix et Sécurité au Sud-Kivu. Les connaissances acquises, les réseaux créés et les engagements pris au cours de ces trois jours constituent désormais un capital précieux pour faire émerger, au sein des universités, une nouvelle génération d'ambassadeurs de la paix.

 

Parce que la paix ne se décrète pas : elle se construit. Et les jeunes en sont les premiers bâtisseurs.

 


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