Du 26 au 28 octobre 2026, le Réseau des Enfants et Jeunes Africains pour les Droits Humains (REJADH) a réuni à Bukavu 30 jeunes leaders étudiants, 15 jeunes femmes et 15 jeunes hommes, venus de six universités : l’UEA, l’UCB, l’UOB, l’ISDR, l’ISP et l’ISC. Pendant trois jours, ils se sont formés à la gestion des conflits et à la non-violence, avec un objectif clair : devenir des ambassadeurs de la paix dans leurs universités et leurs communautés.
Cette formation s’inscrit dans l’initiative « Amani na Usalama ni Jukumu Letu » (« La paix et la sécurité, c’est notre responsabilité »), mise en œuvre par le REJADH avec l’appui de Search for Common Ground et de Youth for Peace DRC, grâce au financement du Fonds pour la consolidation de la paix des Nations Unies (PBF). Elle s’appuie sur la Résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui reconnaît les jeunes comme des acteurs essentiels de la paix et de la sécurité.
Jour 1 : la cohésion sociale ne veut pas dire penser tous la même chose
La première journée a porté sur la cohésion sociale et la non-violence. Ensemble, les participants ont retenu que la cohésion sociale ne signifie pas que tout le monde doit être identique : c’est la capacité de vivre ensemble dans le respect des différences, de l’égalité, de la dignité et des droits de chacun. Quant à la non-violence, elle n’est pas une passivité. Inspirée notamment par l’exemple de Gandhi, elle consiste à défendre ses droits et à dénoncer l’injustice par des moyens qui ne portent pas atteinte à la dignité humaine.
Des études de cas, dont une marche d’étudiants qui avait tourné à la confrontation, ont nourri des débats animés autour d’une question centrale : comment défendre un droit sans mettre des vies humaines en danger ? En groupes, les jeunes ont ensuite analysé la situation de Bukavu. Leur conclusion : la cohésion sociale y existe, mais de manière limitée et fortement fragilisée par le tribalisme, les discriminations, le favoritisme, les préjugés et l’exclusion.
Jour 2 : des outils concrets pour transformer les conflits
Le deuxième jour, le facilitateur a montré comment la non-violence peut servir à restaurer la cohésion sociale. Les participants ont découvert les étapes de la communication non-violente : observer les faits sans les juger, exprimer ses sentiments, identifier les besoins de chacun, formuler une demande claire et négociable, puis rechercher ensemble une solution gagnant-gagnant. Ils ont aussi appris à accompagner deux personnes en conflit vers une solution commune, et les attitudes non violentes à adopter face à une agression : se protéger, garder une posture calme, parler d’une voix ferme et posée, et prendre la communauté à témoin.
La journée s’est terminée par un moment fort. Les jeunes ont traduit ce qu’ils avaient appris en créations artistiques préparées sur place : un chant pour la paix intitulé « Tujenge Amani » (« Construisons la paix »), mais aussi une prédication, un poème, un slam, un discours et une pièce de théâtre.
Jour 3 : passer à l’action
La dernière journée a été consacrée à l’action. Après un rappel de la Résolution 2250, adoptée le 9 décembre 2015, et de ses cinq piliers (participation, protection, prévention, partenariat, désengagement et réintégration), chaque université a co-construit son propre plan de sensibilisation. Les jeunes ont choisi leurs messages clés et les outils qu’ils utiliseront pour toucher leurs camarades : causeries, débats, slam, quiz, mur d’engagement ou réseaux sociaux. Ils ont également préparé ensemble le concours interuniversitaire « Art pour la Paix », qui viendra clôturer l’initiative.
Et maintenant ?
Forts de ces trois jours, les 30 ambassadeurs de la paix vont mener des actions de sensibilisation dans leurs universités, avec l’objectif de toucher environ 500 étudiants sur la Résolution 2250, la cohésion sociale et la non-violence active. L’initiative se clôturera début novembre par le concours interuniversitaire « Art pour la Paix », où les étudiants porteront, par l’éloquence, le slam et le chant, un message de paix devant leurs pairs.
Le REJADH remercie chaleureusement les participants pour leur engagement, ainsi que Search for Common Ground, Youth for Peace DRC et le Fonds pour la consolidation de la paix des Nations Unies pour leur appui.
Du 26 au 28 octobre 2026, le Réseau des Enfants et Jeunes Africains po...
Le Réseau des Enfants et Jeunes Africains pour les Droits Humains (REJ...